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    Champ de neige à Cressin

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    Neige sur l'église et le lac du Lit Au Roi

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    Après la neige

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    Le lac du Lit Au Roi, avec Cressin et le Grand Colombier

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    Ponton de la presqu'île de l'Écoinçon

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    Printemps éclatant

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    Les moissons

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    À l'ombre des chênes

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    Château de Rochefort dans le brouillard

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    Vignoble de Parissieu

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    Château de Rochefort vu des champs

 

Louis Girard

« Oh mon ami, mon frère ! » s’exclamait Loulou quand on le croisait par le village lors de ses ballades quotidiennes. Il faut dire que la marche n’avait plus de secrets pour lui : tous les recoins du Bugey, de la Savoie ainsi que Les Aravis, St Barthélémy de Barcelonnette, le Pic Bernardez, La Tournette faisaient partie des  nombreuses randonnées partagées avec de «fameuses équipes».

Loulou, Louis Girard, est né le 31 mai 1923 à Rabat au Maroc où ses parents étaient partis pour les chemins de fer. Il parlait couramment marocain et commença sa carrière professionnelle à Ouarzazate comme chef de secteur de la société Chérifienne. Il revint en France et épousa Denise Collomb à Cressin-Rochefort le 24 juillet 1948 et eût de cette union trois enfants : Jean-luc, Brigitte et Claude. Bien qu’autoritaire, il aimait à les faire rire et leur jouait, le soir au coucher, une petite pièce théâtrale. Il vécu au Maroc avec sa famille jusqu’en 1956, puis revint en France lors de l’indépendance du Maroc. Ensuite, il travailla comme chef de secteur à EDF, successivement à Belley, Oyonnax, Lons le saunier, Clairvaux les Lacs et Autun, puis pris sa retraite en 1978.

De retour à Rochefort, il s’investit généreusement pour sa commune (on connait des Girard à Rochefort en remontant jusqu’aux environs des années 1500, où l’ancêtre Girard était le boulanger du château). Il fut élu en 1981 au conseil municipal et ceci jusqu’en 1995. Loulou était volontaire pour son village, il classait les archives de la mairie et on lui doit les plans du cimetière et des réseaux d’eau. Il a été en quelques sortes notre premier ordinateur car c’est sur ses travaux que les cabinets d’études se sont appuyés pour leur numérisation.

Loulou n’aimait pas rester passif, c’était un grand joueur. Aussi il participa à la fabrication du char de Cressin-Rochefort pour le Carnaval à Belley de l’anniversaire de l’école laïque. Il était donc bricoleur, et ses enfants se souviennent qu’il leur fabriquait des échasses et autres accessoires de jeu.

Il organisa différentes manifestations, comme une grande fête pour le centenaire de l’école de Cressin, il faisait chanter les enfants et les mettait en scène au théâtre. Il s’occupa aussi de Concordia lors de la venue de ses bénévoles pour la réfection du château.

Il était aussi secrétaire de l’association des anciens combattants. En effet, il fut engagé volontaire dans le régiment des tirailleurs où il fit la campagne d’Italie et s’illustra à Monte Cassino, ce qui lui valut entre autres décorations, la Médaille Militaire et la Légion d’Honneur. D’ailleurs, fin octobre, une délégation du bureau de la légion d’honneur est venue remettre à Madame Girard, lors d’une cérémonie intime, son titre d’Officier de la Légion d’Honneur, obtenu juste avant son décès.

Et à chaque repas du souvenir, il aimait à réciter un poème, en fermant les yeux pour être plus proche des mots, souvent, en compagnie de Monsieur Chevron, son ami, conteur lui-même.

Loulou était amoureux de la poésie. Victor Hugo, Baudelaire, Balzac rythmaient ses journées quand il enregistrait sur magnétophone les poèmes et les apprenait par cœur.

De par sa «vrai démarche» d’aller vers les autres, il aimait à raconter les anecdotes, les souvenirs ponctués de «dis qu’c’est bien !», …  « Dis ! Tu sais pas c’que m’a dit Bardin ?! », …  «Quel coquin Bardin !», … «Ma parole !».

Il était aussi un passionné d’Histoire. Notre village lui doit un ouvrage «Cressin-Rochefort, Notre commune» où il détaille l’historique du village, des monuments, des grandes familles et la vie des gens du siècle dernier.

Et ses sept petits enfants se souviendront de «Pili», les yeux fermés, laissant voyager les mots dans la fumée bleue de sa gauloise, et soupirant : «c’est une pure merveille !».

Toutes les facettes de ce personnage entier, au fort caractère mais à l’amitié indéfectible font de Loulou une des grandes figures de notre village et incontestablement le gardien fervent de son histoire.

Et ce jour du 25 Avril 2012, de ta voix forte et chargée d’émotion tu aurais pu nous conter le poème d’un de tes auteurs préféré : «La fin de la journée» de Charles Baudelaire.

Loulou, nous te gardons dans nos têtes et dans nos cœurs.